Amphithéâtre des trublions

18 mars 2006

Nuits blanches.

Sur l'écran noir de mes nuits blanches
Moi je me fais du cinéma
Sans pognon et sans caméra
Bardot peut partir en vacances
Ma vedette c'est toujours toi

Pour te dire que je t'aime
Rien à faire je flanche
J'ai du coeur mais pas d'estomac
C'est pourquoi je prends ma revanche
Sur l'écran noir de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma

(Claude Nougaro)

"C'était une nuit merveilleuse, une de ces nuits comme il n'en peut exister que quand nous sommes jeunes, ami lecteur. Le ciel était si étoilé, un ciel si lumineux, qu'à lever les yeux vers lui on devait malgré soi se demander : se peut-il que sous un pareil ciel vivent des hommes irrités et capricieux ? Cela aussi, c'est une question jeune, ami lecteur, très jeune... mais puisse le Seigneur vous l'inspirer souvent !"

(Fédor Dostoïevski)

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21 février 2006

Obsession

Grands bois, vous m'effrayez comme des cathédrales ;
Vous hurlez comme l'orgue ; et dans nos coeurs maudits,
Chambres d'éternel deuil où vibrent de vieux râles,
Répondent les échos de vos De profundis.

Je te hais, Océan ! tes bonds et tes tumultes,
Mon esprit les retrouve en lui ; ce rire amer
De l'homme vaincu, plein de sanglots et d'insultes,
Je l'entends dans le rire énorme de la mer.

Comme tu me plairais, ô nuit ! sans ces étoiles,
Dont la lumière parle un langage connu !
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu !

Mais les ténèbres sont elles-mêmes des toiles
Où vivent, jaillissant de mon oeil par milliers,
Des êtres disparus aux regards familiers.

Charles Baudelaire - Spleen et Idéal LXXIX
Les Fleurs du Mal

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14 février 2006

Dis...

Dis ce que le feu hésite à dire
Soleil de l'air, clarté qui ose,
Et meurs de l'avoir dit pour tous.

René Char

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07 février 2006

Je tourne, pour me noyer.
Pour noyer ma tête.
Qu'elle s'enfonce dans l'ombre.
Les loups arrivent, ils se rapprochent.

Immobile est l'eau noire
profonde comme jamais
froide comme le ciel
immobile comme mon coeur quand votre voix n'est plus là

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31 janvier 2006

Le grand voyage.

"Il y a cet entassement des corps dans le wagon, cette lancinante douleur dans le genou droit. Les jours, les nuits. Je fais un effort et j'essaye de compter les jours, de compter les nuits. Ca m'aidera peut-être à y voir clair. Quatre jours, cinq nuits. Mais j'ai dû mal compter ou alors il y a des jours qui se sont changés en nuits. J'ai des nuits en trop ; des nuits à revendre."
Jorge Semprún, Le grand voyage.

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26 janvier 2006

Rouge.

Il méprise les autres et c'est pour cela que je ne le méprise pas.
Stendhal
- Le Rouge et le Noir

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25 janvier 2006

Voyage.

"Quant au colonel, lui, je ne lui voulais pas de mal. Lui pourtant aussi était mort. Je ne le vis plus, tout d'abord. C'est qu'il avait été déporté sur le talus, allongé sur le flanc par l'explosion et projeté jusque dans les bras du cavalier à pied, le messager, fini lui aussi. Ils s'embrassaient tous les deux pour le moment et pour toujours mais le cavalier n'avait plus sa tête, rien qu'une ouverture au-dessus du cou, avec du sang dedans qui mijotait en glouglous comme de la confiture dans une marmite. Le colonel avait son ventre ouvert, il en faisait une sale grimace. Ca avait dû lui faire du mal ce coup-là au moment où c'était arrivé. Tant pis pour lui ! S'il était parti dès les premières balles, ça ne lui serait pas arrivé."
Céline - Voyage au bout de la nuit.

La première fois que j'ai vu ce titre, il m'a fascinée.

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23 janvier 2006

Janvier à ma fenêtre.

Cette nuit, je ne dors pas, et cette nuit, Miossec me fait rire.
Mais si un beau jour je m'achève dans l'infidélité
Penses-tu que l'on se relève de tous ces corps si étrangers ?
Ou que l'on en crève ? Ca me ferait tellement marrer...
Et si l'envie m'envahit les lèvres, je peux très bien me lécher
Et si ma langue traîne par terre, je peux très bien l'avaler.


A 6h je dirai que je n'irai pas à la fac.

N'oublions pas que tout n'est pas gai.
Crevette je pense à toi. <3
"Janvier à ma fenêtre, à mes pieds se dégorge le monde. Je sais qu'en bas, au coin, quelque chose m'attend ou bien quelqu'un. Et les gens m'aiment parce que je suis triste, alors pourquoi ils voudraient que je change ? Et les gens m'aiment parce que je suis seul, et les gens m'aiment parce que j'ai mal, et les gens m'aiment parce que je meurs à leur place en quelque sorte. Drôle d'histoire, j'y comprends rien...
Janvier à ma fenêtre, je tire le rideau, rien ne sera plus jamais beau. Les gens qui vivent autour de moi savent bien à quel point je t'aime. Ils ne voient pas bouger mes lèvres mais ils savent qu'elles parlent de toi. Les gens qui vivent autour de moi ne me demandent plus à quoi je pense, ils savent que je vis dans un monde de glace.
"
(Mano Solo)
 

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Au delà des silhouettes on voit les ombres.

hitomi2

Prends ma main si tu les aimes un peu froides...

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22 janvier 2006

Dis-moi.

Dis-moi que je crèverai seul, comme un chien, en haut d'une montagne, qui pleure dans la mer.
La narine frémissante et tous les sens en éveil, pour le dernier show,le dernier show de la vie.
Dis-moi qu'on oiseau viendra me rassurer de son indifférence. "Tout va bien" me dira-t-il, il est juste grand temps de pourrir.
Dis-moi que les feuilles viendront aussi, et qu'avec elles le vent m'emportera sans qu'aucun boulet de la vie, pour une fois, ne puisse me retenir.
Alors il ne sera rien que je regrette, sauf peut-être cette vie entière que nous n'avons pas vécue, cette promesse non tenue.
Mais qu'importe, que le vent m'emporte, nourrir les vers et les cloportes ? Ce sera bien là, de toute une vie, le seul contrat bien rempli.

Je n'ai jamais vendu mon âme, mais mille fois je l'ai offerte, en pure perte en pur drame, en patûre aux femmes.
Mais de tout ce vin ne reste que le tanin, vinaigre de plaie par trop ouverte, au fond d'un graal, puits sans fin, où se dilue l'hier sans lendemain.
Mais dis-moi que ça ne fait rien. Ca sera juste la preuve que c'était que ça être humain.
Tout a une fin. Tout a une fin c'est peut-être ça qui est bien.

(Mano Solo)

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18 janvier 2006

Ce soir est ce soir.

"Reflets sur le mika noir
Et fantômes au teint blafard
Je crois que je tombe sur le trottoir
Trou noir

Je ne peux plus continuer
J'ai besoin de reposer"

Ce soir, cette nuit, je fais des folies.
A 4h48.

Posté par Ylwine à 01:45 - * Musique * - Commentaires [2] - Rétroliens [0]